La transmission du FeLV

La transmission du FeLV est relativement facile. En effet, il n'y a pas d'obligation de plaie ou de contact traumatisant, comme pour le FIV, pour que la transmission se fasse. Un contact intime entre les chats est suffisant.

 

Le FeLV est présent dans toutes les sécrétions de l'organisme : salive, sécrétions nasales, sécrétions trachéales, sang, larmes, de même que dans l'urine, fèces, lait, etc... De ce fait, la contamination se fait par le léchage mutuel, partage des gamelles et des litières, etc... Bref, par un contact étroit entre chats. Elle peut aussi se faire par morsures, accouplement, in utero, allaitement, transfusion sanguine, etc...

 

Cependant, le virus est très sensible à la chaleur, à la dessiccation, aux détergents ménagers, désinfectants usuels et aux U.V. Il est également peu résistant à l'air ambiant et devient inactif en 3 à 4 heures. Il peut néanmoins survivre 24 à 48h dans un milieu humide à température ambiante.

En raison de sa fragilité en milieu extérieur, le virus nécessite un contact prolongé pour que la transmission puisse se faire.

La salive : principal vecteur de la transmission?

Un millilitre de salive d'un chat excréteur (donc un chat virémique) peut contenir jusqu'à un million de particules virales.

 

La salive se retrouve dans la majorité des comportements pouvant mener à une infection.

  • Le léchage mutuel : les chats sont des bestioles propres, très propres. Ils passent un temps presque infini à faire leur toilette. Parfois, surtout quand ils sont copains avec leur colocataires félins, ils se plaisent à se faire la toilette entre eux. Et pim!
  • Le partage des gamelles : même s'il est recommandé que chaque chat ait sa gamelle, dans la pratique, ce n'est pas toujours évident. En effet, on peut ne pas voir l'utilité d'avoir 156 gamelles différentes si nos deux chats mangent sans problème dans la même. Et puis, allez dire à un chat « toi, t'auras la rose, tu ne touches pas à la bleu! », il ne vous écoutera pas tellement. Donc, à moins de séparer les chats pour le repas... ce qui ne résoudra pas le problème de la gamelle d'eau puisque celle-ci doit toujours être à disposition...
  • Les morsures : dans les bagarres, il y'a souvent des coups de dents et un contact de la cavité buccale du mordeur avec une partie du corps du mordu, parfois avec son sang en cas de morsure profonde. Et qui dit cavité buccale dit... salive!

 

Compte tenu de son implication dans des actes communs et répétés, et de sa charge virale importante, la salive est un vecteur du virus assez efficace. C'est même le premier et principal vecteur cité lorsqu'on parle de transmission du FeLV.

Parce qu'on ne fait pas tout avec la salive... : autres vecteurs du virus par contact rapprochés.

Le virus se retrouve également dans les urines et fèces, dans le sang, dans les sécrétions nasales. Ce qui implique...

  • Partage des litières : le lieu stratégique où finissent urine et fèces lorsque le chat les évacue. Pour peu que vos chats utilisent la même litière...

Généralement, l'infection par le FeLV commence par voie oro-nasale, avant de se disséminer dans le corps. Lorsque le chat va à la litière, il fait ses affaires et grattent ensuite pour recouvrir le tout, ce qui soulève de l'air et fait voler les particules de poussière et de virus,... et snif snif!

Si la litière n'est pas toute propre et que le copain est déjà passé par là, même s'il a recouvert ses déjections, il y'a toujours des grains souillés qui restent à la surface (essayez de planquer tous les grains de litière imbibés de pipi... vous comprendrez).

  • Le sang : les possibilités sont plus ou moins infinies. La bagarre avec morsure et/ou plaie, et donc saignement (le FeLV se transmet par morsures et griffades entre autres). Les transfusions sanguines... elles sont plus rares, mais la transmission est réelle, surtout en l'absence de dépistage avant.
  • Les sécrétions nasales : si votre chat éternue sur son copain par exemple, soit à l'occasion d'une maladie, soit juste parce qu'il a éternué juste comme ça (mais un simple éternuement ne va pas transmettre le FeLV, ça va s'ajouter aux autres contacts à risques).

Bref...

 

...les possibilités de transmission sont infinies. Tout contact peut théoriquement être infectieux. Mais ce n'est pas pour ça que tout contact va mener à une contamination.

Le virus est fragile en milieu extérieur, donc les contacts proches ne doivent pas se limiter à une simple rencontre occasionnelle et pacifiste (sauf dans des cas comme la transfusion sanguine par exemple).

De plus, bien que le virus se retrouve dans toutes les sécrétions du corps, il est présent en quantité moindre dans la plupart d'entre elles et le vecteur principal du virus reste la salive.

Etant donné la faible résistance du virus en milieu extérieur, la transmission indirecte (par l'intermédaire des gamelles, litières, etc...) est plus rare que la transmission directe (par léchage mutuel, bagarres, etc...). Aussi, même si le virus peut se transmettre en partageant les gamelles, sa faible durée de vie en dehors de son hôte et sa fragilité face aux produits ménagers usuels limitent grandement sa transmission par le biais d'intermédaires.

Cependant, il ne faut pas prendre peur et s'imaginer devoir vivre dans une bulle avec son chat ad vitam aeternam. Les chats ayant été contaminés mais ayant pu se négativer développent une immunité et sont protégés d'une éventuelle autre contamination. L'état de santé du chat non contaminé peut lui être favorable : en effet, un chat robuste et en pleine forme sera plus fort face à l'infection qu'un chat fragile (ça n'empêche pas l'infection, mais ça augmente les chances de la combattre). Et il existe une arme efficace contre l'infection par le FeLV : le vaccin! Nous y reviendrons plus en détails plus loin.

Et l'accouplement dans tout ça?

L'accouplement est plus problématique. Deux aspects entrent en compte : le côté sexuel et tout ce qu'il y'a autour.

  • L'accouplement suppose un contact intime. On ne parle pas seulement de la pénétration, mais aussi du rituel « amoureux ». Le mâle grimpe sur la femelle et la maintient au sol en lui mordant le cou, et qui dit « mordre » dit « salive ». Avant cela, la femelle l'a rejeté, avec plus ou moins de virulence (à coup de pattes entre autre), et le mâle s'est battu avec d'autres mâles. Toute une infinité de contacts proches qui ont pu permettre une transmission du virus. Cette partie rejoint celle du dessus.
  • L'accouplement suppose aussi le côté sexuel de la chose, la contribution de monsieur à madame pour lui permettre de donner le jour à de merveilleux petits chatons (qui ne seront pas ravis d'avoir le FeLV!). A ce niveau là, les données manquent. La transmission vénérienne n'est pas à exclure car le virus est présent dans les épithéliums génitaux, mais l'importance de cette transmission n'est pas connue.

Aussi, l'accouplement est incontestable un vecteur du virus. Mais certaines spécificités restent à découvrir.

La transmission de la mère à ses chatons : héritage?

L'infection par le FeLV peut avoir des conséquences sur l'appareil reproducteur de la chatte. Elle peut rencontrer des problèmes de fertilité (voir être stérile), des avortements, des infections de la muqueuse utérine, etc...

 

Chouette! Mimine va avoir des petits chatons tout mimi, qu'on va pouvoir tripatouiller, bisouiller, et qu'on va voir grandir pour nous apprendre la vie! Seulement, Mimine est FeLV+, alors ses chatons vont-ils l'être? Parce que bon, un chat malade, ça suffit!

 

La transmission du FeLV de la mère à ses chatons est systématique. Donc oui, les chatons de Mimine seront FeLV+... s'ils survivent.

Le virus peut se transmettre in utero, lors de l'allaitement et du léchage (lorsque la mère s'occupe de ses petits, leur fait la toilette, etc...).

 

La contamination in utero est fréquente. Une chatte infectée de façon permanente pourra transmettre le virus à ses foetus par voie transplacentaire.

Cela conduit généralement à des résorptions foetales (désintégration du foetus), des avortements, des naissances prématurées, des morts-nés.

Les chatons naissant infectés présentent une atrophie du thymus et des noeuds lymphatiques. Ils présentent des retards de croissance, ne prennent pas ou peu de poids, ont un appétit limité. Ils sont également très sensibles à toute infection virale ou bactérienne, ce qui cause souvent leur mort dans les premières semaines.

 

Les chatons naissant non infectés sont rares. En effet, le FeLV entrainant souvent des avortements, résorptions foetales, morts-nés... il est déjà bien que les chatons parviennent à naitre vivants. Aussi, il est encore plus rare qu'ils naissent vivants et non infectés.

Quand cela arrive, leur non infection ne dure pas longtemps. En effet, la mère peut les contaminer lors de contacts rapprochés et du léchage. La contamination peut également se faire par le lait, qui contient des particules virales.

Ces chatons présenteront souvent un syndrome de dépérissement caractérisé entre autre par une anorexie et une déshydratation. La mort surviendra dans la majorité des cas entre 8 et 12 semaines.

 

80% des chatons nés de mères FeLV+ meurent dans les semaines qui suivent. 20% parviennent à survivre mais seront en revanche virémiques permanents (donc FeLV+ aussi).

 

Les chattes présentant une infection latente pourraient également transmettre le virus à leur progéniture, même si celles-ci ne sont pas virémiques permanentes. C'est le cas notamment lorsque les mères développent une infection latente qui évoluera vers une élimination du virus (elles sont infectées par le virus de façon provisoire, mais infectées quand même et peuvent donc le transmettre), ou dans le cas d'une infection atypique où le virus serait logé dans les tissus mammaires.

 

En revanche, une mère ayant été contaminée par le FeLV mais ayant réussie à se débarrasser de l'infection avant de procréer transmettra des anticorps maternels à ses chatons, par le biais du colostrum, et ceux-ci les protègeront pendant 7 à 12 semaines. Ensuite, les chatons deviendront de nouveau sensibles à l'infection si sont en contact prolongé avec un sujet positif.

 

Il est donc fortement recommandée de stériliser une chatte FeLV+. Etant donné toutes les complications que cela entraine, cela rendra service à tous les chatons qu'elle aurait pu avoir si pas stérilisée. Ca lui rendra également service à elle car la non stérilisation peut entrainer diverses infections et tumeurs mammaires, et le FeLV la fragilisant déjà... inutile de lui rajouter des problèmes supplémentaires!

En conclusion

Le FeLV se transmet par la salive, le sang, les urines et fèces, le lait, etc... Le partage des litière et gamelles, le léchage mutuel, les frottements de museau, les éternuement... tous ce qu'on retrouve dans une relation amicale entre chats... est sujet à transmettre le virus. Ce qui décrit le FeLV comme un virus "d'amis".

Les contacts d'ennemis (bagarres, morsures) et d'amour (accouplement) sont aussi des modes de transmission du virus.

Une chatte infectée transmettra le FeLV à ses chatons, soit in utero, soit en s'occupant d'eux et en les allaitant.

Cependant, il est inutile de partir dans une psychose. Le FeLV nécessite un contact prolongé pour se transmettre. Une simple rencontre entre un chat infecté et un chat sain ne présente pas de risques importants (il y'a toujours un risque, mais il est quasi nul dans ce cas). Le virus se transmettra surtout entre chats d'une même communauté, car ceux-ci vivent ensembles et sont en contacts réguliers les uns avec les autres.

 


De plus, il existe cette chose magique qu'on appelle "vaccin"! Le vaccin permet de protéger votre chat contre la leucose. C'est une chance non négligeable qui peut éviter bien des misères.

Le vaccin permet aussi de pouvoir faire cohabiter FeLV+ et FeLV-!

A ce niveau, le débat est plus épineux et dépend surtout de l'appréciation de chacun. Certains ne voudront pas prendre le risque de mélanger FeLV+ et FeLV- vaccinés. Cela peut se comprendre et ça se justifie dans un sens. Cependant, certaines personnes ont des chats FeLV+ et des chats FeLV- vaccinés qui cohabitent ensembles normalement, et il n'y a pas de transmission. Aussi, libre à chacun de choisir de prendre le risque ou non, les deux choix se tiennent. Mais il est important de savoir que cette protection peut permettre la cohabitation entre positifs et négatifs (si vous découvrez par exemple que l'un de vos chats est FeLV+... pas besoin de l'abandonner!).

Prévenir vaut mieux que guérir

 

  • La stérilisation est un moyen de prévention qui limite bien des risques. On ne le répètera jamais assez! La non stérilisation entretient les virus tels que le FeLV et les maladies qui en découlent. Aussi, pour limiter la casse pour votre chat : stérilisation! Ca ne le rendra pas invinsible mais ça éliminera certains risques. Et ça évitera que des chatons infectés naissent pour souffrir.

 

  • Mais la stérilisation n'est pas la seule prévention contre le FeLV. En effet, il existe un vaccin dont il ne faut pas se priver si votre chat est amené à en cotoyer d'autres dont le statut sérologique serait inconnu (et comme il est rare que les chats qui sortent se demandent entre eux s'ils sont FeLV+ ou non, de même il est rare qu'ils se promènent avec un écriteau autour du cou "je suis FeLV+" et "je suis FeLV-", et encore plus improbable qu'un chat sache le lire...) ou s'il vit ou va vivre avec un FeLV+.

Le vaccin n'est pas efficace à 100%, comme tous les vaccins.

Cela sert de prétexte à certains pour dire que la vaccination ne sert à rien puisqu'il existe quand même un risque. Si on va par là, autant dire que ça ne sert à rien de ne pas traverser une autoroute aux heures de pointe puisque de toute façon on peut se faire écraser n'importe où. Limiter les risques vaut bien mieux que de tenter le diable.

Cela sert aussi de prétexte à certains pour nier toute efficacité du vaccin : s'il n'est pas efficace à 100%, il n'est pas efficace du tout. Ca revient un peu à dire : si avaler de l'arsenic ne tue pas dans 100% des cas, ça ne tue pas du tout.

Il faut savoir que cette efficacité a été étudiée en laboratoire, où les chats sont exposés à des charges virales bien plus forte qu'en conditions naturelles. Aussi, si le vaccin leucose est efficace à 80-90% en laboratoire... en condition naturel, c'est un Rambo!

 

Un peu de lecture...

 

Conception du Vaccin LEUCOGEN

II paraissait donc logique de s’intéresser au sous-groupe de type A pour le développement d’un vaccin. La grande difficulté a été d’isoler la séquence nucléotidique codant pour la gp70 du sous- groupe A.

En effet, il fallait travailler sur le provirus, c’est-à-dire sur le virus à l’état intégré, car le virus est trop fragile. Or, les cellules félines sont pourvues de très nombreuses séquences endogènes qui ont grandement compliqué la tâche. La séquence isolée, il a été plus simple de l’intégrer à un plasmide.

Le plasmide introduit dans E. coli a permis d’obtenir une bactérie recombinante capable de synthétiser le squelette protéique de la gp70 (E. coli ne glycosyle pas les protéines). On la nomme p45 (45 kilodaltons).

Cette protéine, extraite d’E. coli et purifiée, est mélangée à un sytème de deux adjuvants de l’immunité : l’hydroxyde d’aluminium et une fraction purifiée du Quil A.

Le mélange a donné toutes satisfactions sur le plan de l’efficacité et de la sécurité.

Efficacité

Six essais de laboratoire avec épreuve virulente ont tous donnés des résultats au moins statistiquement significatifs et en général très hautement significatifs.

Ces essais ont été réalisé sur chats EOPS. L’épreuve virulente a été très sévère puisque en moyenne 75% des témoins ont été infectés de façon persistante par le virus d’épreuve (contre 30% dans les conditions naturelles).

Sur le terrain, sur plus de 100 chats vivant dans des conditions diverses (80% d’entre

eux en refuge), on a obtenu une séroconversion dans 95% des cas (apparition d’anticorps chez les animaux sans anticorps) et tous les chats p27 négatifs sont restés p27 négatifs tout au long de l’étude qui a duré plus d’un an.

L’innocuité du vaccin est due a sa parfaite pureté chimique : protéine p45, hydroxyde d’aluminium et Quil A purifié.

Cette innocuité a été vérifiée aussi bien au laboratoire que sur le terrain.

Au laboratoire, les essais ont porté sur 89 chats ayant reçu 2 ou 3 doses successives par voie sous-cutanée ou intramusculaire. Durant la période d’observation (2 à 15 semaines), les paramètres suivants ont été étudiés : poids vif, symptômes locaux et généraux, température rectale et réultats hématologiques.

II n’y a pas eu de différence avec les groupes témoins d’animaux non vaccinés du même âge.

Sur le terrain, plus de 1000 chats de propriétaires ont été étudiés. Ils ont reçu 2 injections successives à 2-3 semaines d’intervalle, soit par voie sous-cutanée, soit par voie intramusculaire.

Sur l’ensemble des injections, 3,8% ont été suivies d’un court épisode fébrile et/ou d’anorexie et 1,4% de l’apparition d’un nodule au point d’injection. Les autres réactions furent représentées par des épisodes de diarrhée ou de vomissement ou de douleur (1,4% des injections). Un seul cas d’anaphylaxie à été noté.

Le contrôle de la qualité de chaque lot de production est également assuré sur animaux avant de pouvoir être commercialisé : les tests sont réalisés sur souris, cobayes et chats.

Ces derniers reçoivent une double dose de vaccin et ne doivent montrer aucune réaction locale ou générale pendant les 2 semaines qui suivent l’injection.

Enfin, le recul que nous avons nous permet de confirmer l’excellente sécurité du vaccin, puisqu’à ce jour, plus de 3 millions de doses de LEUCOGEN ont été vendues dans le monde.

Conclusion

LEUCOGEN permet donc de protéger contre l’infection par FeLV de façon sûre et efficace :

- primovaccination : 2 injections réalisées à 2-3 semaines d’intervalle, en sous-cutanée, sur des chats âgés de 9 semaines ou plus,

- rappel annuel.

II est conseillé de vérifier l’absence d’infection par le FeLV avant de vacciner les animaux.


Biotechnologie du diagnostique et de la prévention des maladies animales

 

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