Les issues de l'infection par le felv

Lors d'une infection par le FeLV, 4 issues sont possibles.

Il est important de les connaître et surtout d'en tenir compte lorsqu'un chat est testé FeLV+. En effet, le FeLV ne se limite pas à un + ou un - . Il est bien plus complexe que ça.

1ere issue : Virémie permanente.

Environ 30% des chats infectés par le FeLV évoluent vers une virémie permanente dans les 4 à 6 semaines suivant l'infection.

Cela signifie qu'environ 30% des chats infectés et testés FeLV+ sont porteurs du virus de façon irréversibles et restent donc FeLV+ tout le reste de leur vie. Il développera alors à court ou moyen terme des maladies : tumeurs, immunosuppression, etc...

 

 

L'infection régressive :

Environ 60% des chats infectés par le FeLV arrivent à produire une réponse immunitaire assez efficace pour stopper l'infection.

Cependant, la catégorie des infections régressives conduit à 2 issues possibles : chat négativé (2eme issue) et chat porteur latent (3eme issue).

2eme issue : Infection régressive = chats négativés.

Ces chats-là développent des anticorps séro-neuralisant en forte quantité dans les 4 à 6 semaines suivant l'infection. Parfois, le processus peut prendre jusqu'à 12 semaines.

Les chats se débarrassent ainsi du virus et développent en prime une protection contre une éventuelle autre infection.

Cela concerne de 30 à 40% des chats exposés à l'infection, soit environ la moitié des chats en infection régressive (et un bon pourcentage des chats infectés par le FeLV).

3eme issue : Infection régressive = chats porteur latent.

Cependant, 30% des chats infectés arrivent à produire une réponse immunitaire satisfaisante mais ne parviennent pas à se débarrasser totalement du virus. En effet, ils parviennent à produire assez d'anticorps pour lutter contre l'infection mais pas assez pour l'enrayer complètement. Cela concerne environ la moitié des chats en infection régressive.

Le virus est indétectable dans le sang, mais persiste dans la moelle osseuse. De ce fait, la présence du virus ne peut être détectée par un simple test de routine. Il faut pour cela cultiver des cellules de la moelle osseuse afin de savoir si le virus est présent ou non, ce qui requiert du matériel et des compétences particulières.

Pendant cette période de latence, le chat n'est pas excréteur et donc non contagieux.

 

Là aussi, plusieurs issues sont possibles : le chat peut devenir immun, rester porteur latent ou évoluer vers une virémie persistante.

Dans environ 40% des cas, l'infection est totalement enrayée en quelques mois. Le chat devient alors négatif (virus totalement éliminé).

Dans 50% des cas, la latence de l'infection peut persister de quelques mois à quelques années. Le virus ne sera toujours pas détectable dans le sang (les anticorps détruisant toute cellule infectée libérée), mais pourra être trouvé par culture de cellules de la moelle osseuse. En revanche, cette latence peut entrainer certaines affections tumorales (lymphosarcome notamment).

Dans 10% des cas, l'infection latente va se réactiver et évoluer vers une virémie permanente (1ere issue). La réactivation peut se faire par le stress ou par l'administration de fortes doses de corticoïdes.

4eme issue : Infection atypique.

5 à 10% des chats infectés par le FeLV présentent une infection limitée à quelques organes seulement (tissus mammaire, moelle osseuse, appareil gastro-intestinal, etc...). La réplication virale se poursuit uniquement dans ces tissus.

La contamination entre chats reste assez floue. En effet, il a été prouvé qu'une chatte présentant une infection atypique du tissus mammaire peut transmettre le FeLV à ses chatons.

Ce type d'infection donne des résultats aux tests de dépistage plutôt aléatoires. Un résultat positif aux tests de dépistages classiques (qui réagissent à la présence de l'antigène p27) peut donner un résultat négatif à un test par isolement du virus, la virémie et la réplication d'antigènes viraux étant irrégulières.

L'infection atypique peut évoluer soit vers une infection régressive soit vers une virémie permanente.

En conclusion

Le FeLV ne se limite pas à un simple résultat positif ou négatif lors d'un test de routine.

Les issues de l'infection sont complexes et l'une peut mener à l'autre.

Un seul test de routine n'est pas suffisant. Si votre chat a été testé FeLV+, ne vous limitez pas à ça et refaites-le tester 3 mois après. Il y'a de fortes chances pour qu'il ait pu éliminer le virus.

Une idée des choses...

Les pourcentages, c'est bien. Ca nous donne une première idée des choses. Mais, concrètement, en terme de nombre de chats, on obtient quoi?

 

  • Sur 100 chats infectés par le FeLV :

30% restent en virémie permanente = 30 chats.

60% font une infection régressive = 60 chats.

5 à 10% sont en infection atypique = 5 à 10 chats.

 

Ce qui nous fait 60 chats qui arrivent à se battre contre le virus et à espérer s'en débarasser.

 

Nous avons vu que l'infection régressive peut mener à 2 issues : chat négativé ou chat porteur latent. Chacun des deux cas correspondent à la moitié des 60% (60 chats) qui font une infection régressive (soit 30 chats chacun).

Nous avons également vu que le chat porteur latent peut soit devenir négatif, soit rester porteur latent, soit partir en virémie permanente.

Donc :

  • Sur 100 chats = 60 en infection régressive :

30% deviennent négatifs = 30 chats.

30% deviennent porteurs latents = 30 chats.

 

  • Sur les 30 chats qui deviennent porteurs latents :

40% deviennent négatifs = 12 chats.

50% restent porteurs latents = 15 chats.

10% évoluent en virémie permanente : 3 chats.

 

Nous avons donc sur 100 chats FeLV+ :

 

  • Chats négativés (donc devenus négatifs) : 30 chats (négativés dès le départ) + 12 chats (négativés après une période de latence) = 42 chats.
  • Chats qui restent porteurs latents = 15 chats.
  • Infection atypique = 5 à 10 chats.
  • Chats en virémie permanente (donc positifs) : 30 chats (positifs dès le départ) + 3 chats (virémiques après une période de latence) = 33 chats.

 

 

Bien sûr, ces chiffres ne sont que théoriques. C'est juste pour exprimer en nombre de chats ce que donnent tous ces pourcentages de chats qui deviennent comme ci ou comme ça et ainsi permettre d'un peu mieux visualiser les choses.


 

Un joli petit dessin, trouvé dans quelques thèses vétérinaires, qui résume les issues de l'infection :

 

 

Un schéma simplifié des choses, présentant également les issues possibles de l'infection, d'après LOAR AS. Feline leukemia virus. Immunization and prevention. Vet. Clin. North Am. Small Anim. Pract., 1993 :

infections-2.jpg


Bon nombre de chats FeLV+ sont euthanasiés dès le premier test. Or, quand on sait qu'une bonne partie de ces chats allaient finir négatifs...

Il ne faut jamais euthanasier un FeLV+ sur la base d'un simple et unique résultat!

Et même si le FeLV+ reste FeLV+, l'euthanasie ne doit être pratiquée que lorsque le chat est en phase terminale et qu'il n'y a plus que ça à faire pour l'aider, non pas juste parce qu'il est porteur. Ce ne sont pas des démons, juste des chats malchanceux.

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