FIV vs HIV

Une grande partie des personnes a tendance à penser que le FIV et le HIV, c'est la même chose. De ce fait, on peut attraper le sida en étant en contact avec un chat FIV+. En poussant la réfléxion un peu plus loin, on se rend bien compte que c'est FAUX de A à Z.

On ne peut pas attraper le sida en fréquentant un chat FIV+!

 

Bien sûr, il est facile de dire pour une personne défendant les FIV+ qu'il n'y a aucun risques. Et il est aussi facile pour une personne n'y connaissant rien de douter de cela. Aussi, il convient d'expliquer les choses de façon un peu "scientifique" pour pouvoir comprendre le pourquoi du comment.

 

 

 

Pour commencer, nous allons voir qu'il existe des lentivirus dans des espèces autres que chez les humains et les félins. Ce petit point sera, d'une part, un brin de culture, et, d'autre part, pour montrer que le sujet est plus vaste et plus complexe que « ah! Mon chat a le sida alors il va me le refiler! Saleté de bestiole! » et que certaines espèces n'ont pas l'exclusivité de tout.

Les lentivirus...

Les lentivirus sont responsables de maladies à évolution lente et provoquent un dérèglement progressif du système immunitaire.

Ils ont été isolés chez plusieurs espèces :

 chez les ongulés : BIV (bovins), VISNA (ovins), CAEV (caprins) et EIAV (équins).
 chez les simiens (primates non humains) : SIV.
→ chez les félins : FIV.
→ chez les humains : HIV.

 

 

Si on classe ces lentivirus/espèces par le gène polymérase (pol) qui présente la plus faible variabilité génétique, on obtient deux groupes distincts :

ongulés (BIV, VISNA, CAEV et EIAV) et félins (FIV)

primates : simiens (SIV) et humains (HIV)

 

 On constate donc que le FIV est plus proche des lentivirus des ongulés que du HIV.

 

 

Cependant, le tropisme et la physiopathologie du FIV le rapproche plus du SIV et du HIV.

Tout comme le HIV, le FIV présente un tropisme pour les lymphocytes T CD4+ (LT CD4+). Ces LT CD4+ jouent un rôle important dans la réponse immunitaire, en permettant l'activation d'autres cellules qui agiront de façon plus directe. Le FIV, tout comme le HIV, va entrainer une baisse de ces LT CD4+, ce qui aura pour effet de saboter la réponse immunitaire en la rendant progressivement moins efficace.

Les deux virus vont utiliser des récepteurs présents à la surface des LT CD4+ pour faire leur entrée dans les cellules à infecter. A ce niveau, nous constatons une différence : le HIV va utiliser le récepteur CD4, tandis que le FIV utilisera le récepteur CD134. Le mode opératoire pour l'infection est donc similaire, mais les deux virus utilisent des récepteurs primaires différents. 

 

La physiopathologie du FIV est similaire à celle du HIV. En effet, les deux présentent une même évolution, en faisant baisser les défenses immunitaires, et tous deux peuvent entrainer un "syndrome d'immunodéficience acquise". Car, s'il existe plusieurs types de lentivirus pour différentes espèces animales, seuls le FIV et le HIV conduisent au sida.

 

Cela ne signifie pas que le chat peut alors tout chopper et transmettre, mais seulement que le FIV se trouve à mi-chemin entre les lentivirus des ongulés et des primates.

Dans le génome viral, nous trouvons... des gènes.

Nous trouvons trois gènes majeurs :

→ Le gène gag ((pour « group associated gene ») code pour les protéines du corps (matrice, MA, capside CA, et nucléocapside, NC).

→ Le gène env (pour enveloppe) pour les protéines d'enveloppe, à la surface du virion (extracellulaire, SU, et transmembranaire, TM).

→ Le gène pol (pour polymérase) code pour les enzymes protéase (PR), transcriptase inverse (RT), intégrase (I) et déoxyuridine triphosphatase (DU).

 

 

Dans l'organisation génomique du FIV, nous trouvons le gène codant pour la DU ( déoxyuridine triphosphatase). Ce gène est présent également chez le CAEV, l'EIAV et le VISNA. En revanche, il est absent chez le HIV et le SIV.

 

Le génome du FIV contient plusieurs petits gènes ORF qui chevauchent le gène env, et qui sont propres au FIV. Certains sont semblables à des éléments d'autres lentivirus (ce qui entend une ressemblance avec d'autres gènes présents dans d'autres lentivirus), et d'autres sont exclusifs au FIV.

 

Une autre différence importante entre le FIV et les lentivirus des primates (HIV et SIV), en ce qui concerne les gènes auxiliaires, est l'absence du gène nef dans le FIV (en revanche, ce gène est présent dans le HIV).

Donc...

Il existe bien d'autres différences entre le FIV et le HIV. Mais le sujet est long et complexe, et il y'a déjà là assez de différences pour bien comprendre que le FIV et le HIV ne sont pas un seul et même virus. Ils ont un « physique » similaire, des gènes similaires car propres aux lentivirus, ils entrainent une pathologie similaire, mais ils ont aussi des différences non négligeables qui en font deux virus distincts.

 

Structure du virion du HIV Structure du virion du FIV

 

Organisation du génome du FIV (en haut) et du génome du HIV (en bas).

En revanche...

Le FIV et le HIV ont donc en commun leur préférence pour les LT CD4+.

Le FIV et le HIV ont donc une physiopathologie proches :  on aime les lymphocytes, on dérègle les défenses immunitaires, etc...

Le FIV et le HIV entrainent tous deux cette fameuse maladie : le SIDA.

 

Donc?

Le FIV sert de modèle animal au HIV pour étudier les manifestations immunitaires et pathologiques, l'immunodéficience, de même que les possibilités thérapeutiques et vaccinales.

En effet, même si le SIV, de part sa ressemblance avec le HIV et la proximité de leur espèces-hôtes (les simiens et les humains sont tous les deux des primates) a grandement servi de modèle à l'étude du HIV, il induit rarement un état d'immunodéficience à l'état naturel, et seulement quelques cas à l'état captif. Le SIV est donc un bon modèle d'étude pour le virus lui-même, mais pas pour l'étude de l'immunodéficience provoquée par le lentivirus en cause. Alors que le FIV, à l'état naturel, peut évoluer vers le sida, comme le HIV.

 

En résumé :

Le FIV et le HIV sont deux virus distincts, qui appartiennent chacun à une espèce distincte : féline pour le FIV et humaine pour le HIV.


Le FIV ne se transmet pas à l'homme!!! Vous pouvez avoir un chat FIV et lui faire autant de caresses sur la tête que vous voulez, vous ne risquez rien! Même s'il vous mord et vous arrache un doigt, il ne vous transmettra pas le FIV pour autant.


Le FIV sert d'étude au HIV, non pas parce que les deux virus sont les mêmes et transmissibles de l'un à l'autre (ce qui n'est pas du tout le cas), mais parce qu'ils possèdent quelques similitudes, notamment dans l'évolution du virus.

Note perso

Même si le sujet principal du site n'est pas le HIV et le sida humain, la ressemblance entre « le FIV et sida du chat » et « le HIV et sida humain » ne s'arrête pas à une histoire de génétique et de virus. Il y'a aussi une ressemblance au niveau du comportement des personnes face à un chat FIV et un humain HIV : préjugés et discrimination.

L'un comme l'autre n'a jamais demandé à être porteur d'un virus entrainant une telle maladie.

Qu'un chat ou un humain soit séropositif, ce sont avant tout des êtres vivants. OUI, ils sont séropositifs, mais ils NE sont PAS que ça. Avant d'être séropositifs, ce sont des êtres à part entière qui ne se caractérisent pas simplement par une simple étiquette. Que vous serriez la main d'un HIV+ ou que vous carressiez un chat FIV+, vous ne risquez rien.

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