Interprétation des résultats

 

Le dépistage nous donne donc le statut sérologique du chat. Cependant, le résultat obtenu peut être faussé à certaines conditions. Un deuxième test peut alors s'avérer nécessaire afin d'être définitivement fixé.

Le test est positif

Pas de panique! La première chose qu'il faut garder à l'esprit, c'est que vous avez toujours le même chat et qu'un test positif ne veut pas dire qu'il va changer radicalement, qu'il va tomber malade du jour au lendemain et mourir dans les heures qu'ils suivent.

Plusieurs cas peuvent se présenter.


 

  • Le chat est réellement positif.

Si votre chat est un matou bagarreur, un mâle non castré qui se bat régulièrement contre les autres mâles du quartier, un chat qui a été jeté dans la rue et a erré longtemps avant de vous trouver... c'était à envisager.

A plus forte raison si le taux de positifs ou de sujets à risque dans son entourage est élevé.


 

  • Cas particulier des chatons.

Vous n'avez pas lu la partie concernant la transmission verticale?!

Les tests sur les chatons de moins de 4 mois ne donnent pas un résultat fiable et définitif. En effet, les anticorps maternels faussent le résultat et le test va donc détecter les anticorps de la mère au lieu de ceux du chaton. Un chaton âgé de moins de 16 semaines devra automatiquement être retesté à 4 mois. Si le test est toujours positif, un autre test pourra être effectué à l'âge de 6 mois (il peut arriver que les anticorps maternels s'éternisent un peu), et donnera le résultat définitif.

En revanche, si vous avez procédé à ce dépistage précoce pour des raisons cliniques (votre chaton est en mauvais état de santé et le vétérinaire soupçonne le FIV), il y'a de fortes chances pour que le résultat soit bon et que votre chaton soit vraiment positif.

Par contre, comme le résultat peut être faussé par les anticorps maternels, si un chaton est testé positif de façon précoce, il est fort probable que la mère soit positive.

 

 

  • Le chat est un faux positif.

Dans le cas du FIV, ce n'est pas courant, mais ça peut arriver.

 

Les tests rapides sont efficaces mais présentent une sensibilité et une spécificité inférieure à 100%. Il y'a donc une petite marge d'erreur possible.

Le plus souvent, un faux positif est du soit à erreur de manipulation par le vétérinaire, soit à un test (ou lot de test) défaillant.

Si le chat testé est en bonne santé et vit dans un endroit où le taux de positifs ou de sujets à risques est faible, un deuxième test pourra être envisagé.

 

Il se peut aussi que le chat ne soit pas infecté, mais vacciné contre le FIV.

Un vaccin contre le FIV est utilisé dans certains pays, aux Etats-Unis notamment. Le vaccin fausse le résultat, et les tests ne peuvent pas faire la différence entre un chat positif et un chat vacciné.

Cependant, ce cas reste exceptionnel en France. Cela supposerait que le chat provienne ou soit allé dans un des pays où le vaccin existe, et qu'il se soit fait vacciner.

Votre chat est négatif.

Ne criez pas victoire trop tôt! Selon les conditions de vie du chat, son état de santé, etc... le résultat n'est peut-être pas fiable.

En revanche, si votre chat vit depuis des années à l'intérieur et ne cotoie pas d'autres chats ou que des chats déjà testés négatifs, vous pouvez crier victoire :)

Par contre, gardez à l'esprit qu'un chat négatif avéré peut ne pas le rester à vie (sauf dans le cas du chat négatif avéré qui restera à l'intérieur jusqu'à la fin). En effet, votre chat est peut-être négatif aujourd'hui, mais s'il sort et qu'il rencontre d'autres chats, le résultat peut évoluer dans les années suivantes.

 

Plusieurs cas d'un premier test négatif :

 

  • Le chat est négatif.

Bonne nouvelle!

 

  • Le chat est en phase de primo-infection.

L'infection par le FIV prend plusieurs semaines. Aussi, si le chat a été infecté hier, le résultat sera négatif aujourd'hui, mais sera positif dans quelques semaines.

 

  • Le chat est en phase terminale.

Lorsque le chat est en fin de vie, le système immunitaire est trop faible et les anticorps peuvent ne plus être détectables par les tests spécifiques. Aussi, un résultat négatif sur un chat manifestement en train de mourir du sida... c'est fort probablement un faux négatif.

Refaire le test.

Votre chat a été testé positif et vous voulez confirmer ou infirmer ce résultat :

 

Vous pouvez soit refaire un test rapide 3 mois après le premier test. L'idéal étant de changer de marque de test car, si la méthode reste la même, le laboratoire et la sensibilité et spécificité sont différents.

 

Ou vous pouvez utiliser une autre méthode, en laboratoire cette fois : PCR ou Western Blot.

 

La méthode la plus sûre consiste à faire confirmer un test rapide par un Western Blot. C'est une méthode assez longue et coûteuse, qui n'est pas souvent proposé.

Les méthodes de retest les plus pratiqués sont soit un deuxième test rapide quelques semaines ou mois après, soit un PCR (pratique quand on ne veut pas attendre).

Divergences de résultats.

Lorsqu'on refait tester un chat pour confirmer ou infirmer un résultat positif, il peut y avoir deux résultats différents.

 

1er test rapide positif - 2eme test rapide négatif.

  • Si le 1er test rapide positif était douteux (la barre qui atteste de la positivité est floue, mal définie, pas nette), un 2eme test rapide qui ressort négatif sera généralement fiable.

 

  • Si le 1er test rapide positif était clair (la barre qui atteste de la positivité est nette, bien définie, est vite apparue), un 2eme test rapide qui ressort négatif sera plus problématique. Il convient donc de procéder à un autre test, par PCR ou Western Blot cette fois.

 

1er test rapide positif – 2eme test par PCR négatif.

  • La PCR ne détecte pas toutes les souches du FIV. Il détecte seulement les souches en vigueur dans sa zone géographique (sous-type A en France). Aussi, si le chat a été infecté par un chat atteint d'une autre souche du FIV, la PCR ne le détectera probablement pas.

Un même test PCR ne peut pas dépister toutes les souches du FIV. De ce fait, la PCR peut donner un faux négatif.

 

  • La PCR dépend aussi de la charge virale. Si la charge virale présente dans l'échantillon à tester est en dessous du seuil de détection (ce qui peut arriver lors de la phase asymptomatique), la PCR peut aussi ressortir négatif alors que le chat est positif.

 

 

Dans les faits, la PCR a la réputation d'être plus fiable que les tests rapides. Seulement, ces deux points peuvent laisser planer un doute lorsque le résultat apparaît. Il convient donc de rester prudent quand à l'interprétation d'un résultat et de prendre en compte le contexte géographique et environnemental dans lequel évolue le chat.

S'il vient d'un endroit où le taux de positifs et/ou de sujets à risques est faible (voir inexistant dans le cas d'un chat vivant exclusivement à l'intérieur et sans contacts avec d'autres chats), et que le PCR donne un résultat négatif, alors on peut considérer que le chat est négatif.

S'il vient d'un endroit où les voisins sont tous des américains, des japonais ou des australiens, que leur chats viennent du même pays que leur maitres (la souche du FIV de ces pays peut être différente de celle présente en France et ne sera pas reconnu par la PCR) et qu'ils sont accessoirement bagarreurs et/ou non castrés... évitez de vous fier au PCR.

S'il vient d'un endroit où le statut sérologique des autres chats est inconnu ou suspects, et que le chat est en bonne santé apparente... à voir.

En cas de doute, la méthode de référence reste le Western Blot. Aussi, vous pouvez utiliser cette méthode pour obtenir un résultat fiable. Mais elle est moins abordable et accessible que les tests rapides et la PCR.

 


106.gif

Mise au point...culture

Les tests rapides ont mauvaise réputation et la PCR passe pour le Saint Graal. Et lorsqu'on ose dire le contraire... aïe!

Nous ne prétendons pas détenir la science infuse, nous ne gagnons rien à "défendre" les tests rapides et à dire que la PCR a ses limites. Au fil de nos recherches, nous avons seulement découvert des choses qui rendent le dépistage plus complexe que "test rapide = pouah! et PCR = superman!". Alors non, nous ne défendrons pas bec et ongles les tests rapides, mais il faut cesser de diaboliser à tout va ces test et de mettre la PCR sur un piedestal. Parce qu'en creusant, c'est bien plus compliqué que ça! Et il ne faut pas à tout prix dire que les tests rapides sont inefficaces, il faut aussi prendre en compte tous les autres paramètres : histoire du chat, prévalence, examen clinique, moment du test,... avant d'en conclure que c'est le test qui est en faute.

En effet, un test rapide fait alors que le chat vient à peine d'être contaminé ressortira négatif puisque l'infection ne s'est pas encore installée et que donc, les anticorps ne sont pas encore apparus. Mais souvent, on en déduira que le chat est négatif. Et lorsqu'il sera testé positif quelques mois ou années plus tard, plutôt que de se dire qu'on n'a peut-être pas testé quand il fallait, on préfèrera dire que c'est le test qui est en cause.

Inversement, quand on aura un test rapide positif, et qui, après retest sortira négatif, plutôt que de se dire que l'état de santé du chat au moment du premier test a pu fausser le résultat, ou que la charge virale du chat était sous le seuil de détection de PCR, on incriminera le 1er test rapide positif.

Alors oui, les tests rapides ne sont pas infaillibles et peuvent donner des faux positifs ou des faux négatifs. Mais ce n'est pas forcément de leur faute dans tous les cas. Il y'a aussi d'autres points qui entrent en compte et qui peuvent expliquer un résultat faussé, sans que le test soit lui-même en cause : test fait trop tôt par rapport à la date de contamination, test fait alors que le chat est malade, etc... Oui, les tests rapides peuvent donner des résultats foireux et être en cause. Mais ce n'est pas forcément le cas dans 100% des cas!

De plus, oui, la PCR a ses limites! Non, la PCR n'est pas infaillible! Pour le FIV, le seul vrai test sûr à 100%, c'est le Western Blot, point.

Certes, la PCR est performante, mais elle a quand même quelques failles qu'il faut aussi prendre en compte. Comme déjà expliqué à plusieurs reprises dans nos pages, une PCR peut ressortir négative si la charge virale est en dessous du seuil de détection, ou si faite sur un chat présentant un sous-type de FIV différent de celui du pays (après tout, qui nous dit que le chat que vos venez de faire tester n'e vient pas d'un autre pays? peut-être que vos voisins américains l'ont fait venir ici avec eux et qu'il était déjà positif avant d'arriver dans votre rue?). De même, elle peut ressortir positive si le chat a tout simplement été vacciné contre le FIV (eh oui, vos voisins américains avaient fait vaccinés leur chat contre le FIV, puisque eux ont le vaccin, avant de venir s'installer dans votre rue).

En bref, avant de conclure que des différences de résultats et des faux positifs ou négatifs sont forcément du à des tests foireux, il faut aussi prendre en compte d'autres paramètres.

_ la prévalence : le FIV+ testé vient d'un endroit où aucun chat n'est castré, où il y'a déjà d'autres positifs? = Forte prévalence =  fortes chances qu'il le soit aussi. Mais il vient d'un endroit où il est le seul, tout le monde est stérilisé? = Faible prévalence = possibilité de faux négatif (test foireux? chat malade au moment du test?) ou possibilité qu'il soit bien FIV+ mais que comme il s'entend avec les autres, il ne les a pas contaminés.

_ l'histoire du chat : Le FIV+ a toujours vécu en appartement (depuis tout petit hein), sans sorties, pas de contact avec d'autres chats, parents négatifs? = forte chance que faux positif. Passe son temps à courir les minettes, ou à se fighter ou se faire taper par des mâles dehors? = plus de chance de vrai positif.

_ l'examen clinique : chat malade au moment du test, ce qui aurait pu fausser le résultat? On peut tester un chat malade si on soupçonne une positivité, pour pouvoir adapter le traitement, mais on reteste quand le chat va bien pour être sûr du résultat. Voir aussi si les symptomes que présentent le chat peuvent coller avec une éventuelle positivité. Alors non, un chat qui a une gingivite n'est pas forcément positif! De plus, il faut savoir qu'au stade SIDA (dernier stade d'évolution du virus, sachant que la plupart des chats meurent avant de l'atteindre, suite aux maladies opportunistes), un test rapide peut sortir négatif, mais non pas par manque de fiabilité, mais plutôt parce qu'il n'y a plus d'anticorps à détecter dans le chat (et les test rapides détectant les anticorps pour le FIV... s'il n'y en a plus, forcément, ça ne marche pas!).

Il ne faut pas automatiquement déduire qu'un chat est un faux positif juste parce qu'il a été testé avec tel test plutôt qu'un autre. Il faut l'envisager selon le résultat du test et les autres paramètres.

Pour étayer tout ça, voici quelques documents/références vétérinaires... parce que non, nous n'avons pas décidés un jour de contre-carrer les croyances juste pour nous faire mousser, mais parce que nous l'avons trouvés dans des écrits qui ont pour sources des études scientifiques...

Diagnostique par PCR


Le diagnostic par PCR d’une infection virale dépend du fait que le virus a ou non un nombre suffisant de régions conservées au niveau des gènes, pour permettre l’amplification, ce qui est perturbé dans ce cas par la présence de nombreux sous-types et variants du FIV. Cette technique nécessite aussi de contrôler la qualité de l’échantillon et de prendre des précautions au laboratoire pour ne pas contaminer l’échantillon (Bienzle et al., 2004).

La PCR, permettant de détecter de l’ADN proviral, est utilisable, mais sa performance est variable. Elle est parfois même inférieure aux tests sérologiques, avec une sensibilité et une spécificité comprises entre 40 et 100 % (Bienzle et al., 2004).

La PCR classique détecte très bien les sous-types A, mais moins constamment les autres sous-types. La variation des souches peut aussi expliquer des résultats contradictoires lorsque des échantillons identiques sont envoyés à des laboratoires différents (Crawford et Levy, 2007).

De même, on peut avoir pour résultat un faux négatif si les charges virales sont en-dessous du seuil de détection, ce qui peut être le cas au cours de la phase asymptomatique, qui s’avère de plus être particulièrement longue. Des faux négatifs peuvent aussi être créés si les amorces pour la PCR n’ont pas été conçues pour reconnaître tous les variants du FIV (Steinrigl et Klein, 2003). Ainsi, la région géographique où est effectuée l’analyse va conditionner les amorces utilisées pour le diagnostic par PCR.


Source : Léo Lisarde Bouchard, Virus de l’immodeficience feline (FIV) et vaccination : de la maladie naturelle du chat à un modèle d’étude du SIDA humain, Thèse doctorat Maison-Alfort 2010. page 87


Sources de la source :

BIENZLE D., REGGETI F., WEN X., LITTLE S., HOBSON J. et KRUTH S. (2004) : The variability of serological and molecular diagnosis of feline immunodeficiency virus infection. Can Vet J., 45 : 753-757.

CRAWFORD P.C. et LEVY J.K. (2007) : New challenges for the diagnosis of feline immunodeficiency virus infection. Vet Clin North Am Small Anim Pract., 37: 335-350.

STEINRIGL A. et KLEIN D. (2003) : Phylogenetic analysis of feline immunodeficiency virus in Central Europe: a prerequisite for vaccination and molecular diagnostics. J Gen Virol., 84 : 1301-1307.


Toutes les sources de la source sont des chercheurs dans différentes universités ou centres de recherche. Ce sont donc des scientifiques qui ont étudiés la question.



Comparaison de plusieurs tests rapides


Ce tableau reprend les résultats de deux études menées en 1997 et 2001 afin d'évaluer les performances des test FIV et de les comparer.

Il est issu du document suivant : Comparison of different new tests for feline immunodeficiency virus and feline leukemia virus infection.

news-20030117-comparison-of-different-003-copie.jpg

Les lignes sensitivity et specificity sont les plus importantes. Ce sont elles qui disent quel est le pourcentage de vrais positifs parmis les chats testés positifs, de même que le pourcentage de vrais négatifs parmis les chats testés négatifs. Ces résultats ont été obtenus en comparant les résultats des tests rapides face aux résultats de la méthode de référence, le Western Blot.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×