Transmission verticale

 

La transmission du FIV de la mère à ses chatons est un sujet dédaléen. Transmission in utero, lors de la mise-bas, par le lait... De quoi s'en retourner les vibrisses!

Mais si la transmission est déjà assez problématique et alambiquée, il ne faut pas oublier les conséquences. Quel avenir pour ces petits?

 

Deux possibilités s'offrent à nous, ou plutôt aux chatons de cette pauvre Mimine FIV+ :

1) les chatons passent à travers les mailles du filet! Ils ne choppent pas le FIV et grandissent dans le bonheur et la joie.

 2) Les chatons se font avoir : le FIV a été le plus fort sur ce coup-là et les a contaminé.

 

Pour des raisons évidentes, nous nous pencherons principalement sur la deuxième possibilité.

 

 

Transmission in utero : « même pas nés qu'on l'a déjà choppé! »

Malheureusement, pour des chatons infectés alors qu'ils couvent encore dans le ventre de leur mère, l'avenir est sombre et court, voir inexistant.

Les conséquences d'une infection in utero sont :

_ retard de croissance intra-utérin.
_ arrêt du développement du foetus.
_ avortement
_ naissances prématurées
_ morts-nés
_ naissances normales mais les chatons sont déjà immunodéprimés.

 

Dans le cas de naissances, les chatons FIV+ présentent un poids inférieur à celui d'un chaton FIV-.

Les chatons nés FIV- mais d'une mère FIV+ présenteraient également un poids inférieur à celui d'un chaton né d'une mère FIV-.

 

L'infection par le FIV chez les chatons infectés de naissance est plus sévère que chez les chats infectés plus tard. Le dysfonctionnement immunitaire est plus important et la maladie se développe plus rapidement. La phase de la lymphadénopathie est généralement persistante, les chatons atteignant presque directement cette phase.

L'espérance de vie d'un chaton FIV+ est relativement courte, spécialement lorsque l'infection a eu lieu alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère.

Transmission par le lait : « on a empoisonné notre bibi! »

Cette transmission par ingestion de lait pose la problématique des anticorps maternels.

Lorsque le chaton nait et que, tout vaillant qu'il est, se tordant comme un ver de terre, il pousse son premier cri et fonce vers la première tétine venue pour se remplir la panse du lait de sa mère... Le premier lait qu'il ingère est le colostrum, important pour la suite car celui-ci contient les anticorps maternels, que la mère va transmettre à ses petits afin de les aider un minimum à bien commencer dans la vie.

Par ce biais-là, la mère peut transmettre le FIV à ses petits bambins.

Et là, les choses se compliquent en ce qui concerne le dépistage du FIV chez les chatons d'une mère positive.

 

Dépistage des chatons

Un dépistage précoce sur des chatons de moins de 16 semaines (soit 4 mois) peut donner un résultat positif au FIV. Cependant, les anticorps maternels peuvent fausser ce résultat. Aussi, il est important de ne pas prendre de mesures radicales, telle que l'euthanasie, chez des chatons dépistés FIV+ de façon prématurée.

Un chaton de moins de 16 semaines testé FIV+ devra être retesté à 16 semaines, temps au bout du quel les anticorps maternels doivent avoir disparus et ne pourront donc plus fausser ou troubler le résultat.

Lors d'une étude menée en 2004, des chatons testés FIV+ les premiers jours et semaines de leur vie sont ressortis FIV- dès l'âge de 12 semaines (soit 3 mois). Pour un résultat plus fiable et plus sûr, il est néanmoins préférable de tester à 16 semaines plutôt qu'à 12.

Si un chaton de 16 semaines est testé FIV+, le résultat est alors clair : le chaton est FIV+.

 

Cependant, dans de rares cas, il se peut que les anticorps persistent jusqu'à l'âge de 6 mois. Ca peut être notamment le cas chez des chatons étant resté trop longtemps avec leur mère. Normalement, la mère rejette ses petits vers 2,5-3 mois, pour les pousser à voler de leur propre ailes. Mais s'ils s'incrustent quand même et qu'elle ne les rejette pas...

Un nouveau test pourra donc être pratiqué à l'âge de 6 mois, et donnera une réponse claire et définitive.

En conclusion

La transmission du FIV de la mère aux petits, lorsqu'elle a lieu in utero laisse peu d'espoir pour les chatons. Arrêt du développement, avortement, morts-nés... et s'ils naissent, leur espérance de vie sera limitée.

Cependant, un chaton qui réussit à naitre dans ces conditions et dans un état plutôt bon a déjà des chances de ne pas avoir contracté le virus. Les anticorps maternels peuvent fausser le résultat. Aussi, il ne faut surtout pas condamner les chatons prématurément et bien refaire les test à un âge où les anticorps maternels ne le fausseront plus, afin de pouvoir savoir avec certitude si le chaton est positif ou non.

Euthanasier un chaton testé positif à 2 jours, 1 semaine ou 1 mois, c'est risquer d'euthanasier un faux positif.

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